Pourquoi chercher l’amour alors qu’on peut le louer

Pourquoi posséder ? En ces temps numériques et de dématérialisations matériels et humains, pourquoi posséder physiquement alors que l’on peut avoir la V.O.D., la location, le téléchargement, le cloud…

Vous connaissez surement Adopte un mec.com le site de rencontre de publicitaire pour les publicitaires (au début du moins).

Le concept était plutôt intéressant, un site de rencontre assez banal, une charte sympa, et un fonctionnement très simple, seules les filles pouvaient contacter les hommes et les « mettre dans leur panier ». Certes cela semblait horrible de montrer dans le logotype un homme dans un caddie, mais après tout dans une société d’hyper consommation et de « fucking friends » pourquoi pas ?

Ce site ne faisait qu’afficher une vérité ? D’un point de vue stratégique c’était très malin, il répondait à un réel insight, les filles en avaient marre d’être harcelées sur les sites de rencontres, et sur Adopteunmec, ce sont elles qui avaient le pouvoir.

Leur site n’a pas connu le succès de Meetic, mais tout de même eu un certain impacte tendanciel.

Et bien pour aller un peu plus loin, un nouveau concept arrive et pousse le curseur encore un peu plus loin, près, très près de la légalité… c’est à se demander. Bref.

Loueunepetiteamie.com arrive ! Oui vous avez bien lu, Loue une petite amie. Pour reprendre l’argumentaire du site avec mes commentaires en italique :)

« Vous en avez marre d’être seul ? (Comme tout le monde) Vous souhaitez rencontrer l’âme sœur mais les sites de rencontres ne sont guère concluants ? Vous aimeriez avoir quelqu’un (tout) près de vous pour vous chouchouter et avec qui roucouler ? (Non je préfère être flagellé avec des orties fraiches)

Vous en avez assez de la routine avec votre femme ? Vous souhaitez vous évader ? (Trompetafemme.com)

Vous n’aimez pas la copine de votre fils ? Vous souhaitez le remettre dans le droit chemin ? (Mariageforcé.com)

Vous en avez assez d’aller aux repas de famille sans petite amie à présenter ? (Maisnonmamanjenesuispasgay.com)

Loueunepetiteamie.com est le concept révolutionnaire qui va vous permettre, sans bouger de chez vous, et en toute légalité, de louer les plus belles créatures qu’il vous sera donné de fréquenter ! (Etchaudecommeunepizza.com)

Un ciné, une ballade, un resto … une soirée … et bien plus si affinité ! Voilà ce que vous allez trouver sur loueunepetiteamie.com. »

Voici les « packs » proposés par le site

Il y a de quoi s’interroger tout d’abord sur la légalité du concept, cependant le site promet un 100% légal. Le reste étant un problème éthique et moral. Louer des gens ? L’offre répond à un vrai problème de société: la solitude et si vous ne me croyez pas je vous invite à aller lire l’étude 2010 de TNS sur les Français et la solitude (prévoir un valium ou deux avant lecture) ici.

Bref, soit le monde est tombé sur la tête, soit on repousse encore un peu les limites de la déshumanisation…

Alors, seriez vous prêt en plus de votre pizza à vous commander une jeune demoiselle pour vous tenir vos serviettes ? C’est par ici que cela se passe.

NB/ Je me pose la question du chèque de caution ? Et comment on fait si il y a une rayure :) ?

Dark Vador prête son image pour la bonne cause

Pourquoi conquérir l’univers si ce dernier se détruit de l’intérieur ? C’est l’angle choisi par la WWF pour sa futur campagne ou Lord Vader ou Dark Vador a choisi de témoigner de ses problèmes d’images et de ses pré-occupations concernant le monde dans le quel nous vivons. Clin d’œil sympathique, espérons que cette guest-star aidera à la sensibilisation des sujets traités par la WWF. Seul regret, la réalisation aurait pu être un plus poussée, mais l’aspect home made testimonial apporte du ridicule au personnage et ne dessert pas le message. Cette initiative est menée par la WWF Belge (comme quoi ils ont bien de l’humour !) et vous noterez d’ailleurs que le plus grand méchant de l’histoire se nomme ici Dark Vadehors. Je vous invite à aller faire un petit tour sur la page (ici) et tout comme Dark Vadehors, éteindre la lumière le 27 Mars à 20h30.

La prochaine émission de torture physique en live: zone extrême

Le 17 Mars, France 2 proposera un nouveau jeux télé-réalité au nom très évocateur: « la zone extrême ». Le « jeu » met en scène deux candidats, l’un dans un caisson, l’autre face à un tableau de commande qui lui permet d’envoyer des décharges au premier en cas d’erreur aux questions posées. Un présentateur est présent, il anime le jeu et « coach » l’électrocuteur. À chaque mauvaise réponse l’électrocuteur doit infliger à l’autre une décharge de 20 volts, puis 30, 40 etc. jusqu’à 480 volts (le choc maximal) au fur et à mesure de la pyramide des questions. Enfin, à défaut de voir la personne recevant les décharges électriques, l’électrocuteur peut entendre la candidat dans la caisson et par conséquent ses cris à chaque fois que la manette s’abaisse.

Ce jeu s’appuie sur l’expérience de Milgram réalisée dans les années 60. Organisée entre 1960 et 1963, cette expérience scientifique tentait de montrer comment un quidam pouvait – sous la pression d’une autorité (dans le cadre de Milgram, une autorité scientifique) – accepter d’électrocuter un inconnu (complice de Milgram) qui devait répondre à des questions autour d’un test sur la mémoire.

Cette émission est en fait un documentaire réalisé sous forme d’un faux jeu par Christophe Nick. Ce dernier a souhaité démontré la puissance de la TV et son influence sur le conditionnement des actions de candidats à l’exemple des jeux de télé-réalité. Ce rôle est d’ailleurs très clair dans les instructions de l’animateur qui possède 4 répliques obligatoires aux objections de l’électrocuteur.

1. « Veuillez continuer s’il vous plaît. »
2. « L’expérience exige que vous continuiez. »
3. « Il est absolument indispensable que vous continuiez. »
4. « Vous n’avez pas le choix, vous devez continuer. »

Au résultat on obtient quoi ? 80 % des candidats ont administré la tension maximale, infligeant la mort de leur collègues de jeu. Vous pensez que c’est une blague ? Lisez donc le compte rendu de l’expérience dans son intégralité ici.

Le bad buzz humanitaire de ADOT

Connaissez vous l’ADOT ? Cette association est d’une extrême utilité en France, elle œuvre pour le don d’organe et de tissus humains. WE n’est pas un blog médical, mais ma conviction personnelle est que le don d’organe est utile, et nécessaire à la survie de beaucoup de malades et que malheureusement, de nombreuses personnes restent en attente de greffes sur des listes qui ne font que s’allonger alors que beaucoup pourraient être sauvées. Le don d’organe est un sujet délicat et personnel, avec beaucoup de peurs et de freins. C’est pour cette raison que la communication effectuée autour de ce sujet doit être des plus réfléchies et des plus fines sous peine de réduire à néant le travail effectué par l’ensemble du corps médical mais aussi des associations et bénévoles.

Le sujet du don d’organe n’échappe donc pas à la communication. Mais le brief de départ est des plus délicat : « Comment convaincre les gens de donner leurs organes après leur mort ». La réponse semble évidente, puisque ces derniers ne vont plus vous servir, et peuvent sauver d’autres vies, mais la réalité des statistiques est tout autre.

Comme chaque année, l’ADOT est accompagnée par une grande agence de pub et cette année en occurrence c’est CLM BBDO qui les a aidé. Et voici le spot proposé par ADOT et CLM: consternant et grave. Une série de 8 spots qui en plus d’avoir une idée pauvre, a des mots d’une rare violence.

On peut supposer que l’idée est de dénoncer la fascination et l’intérêt porté aux vidéos idiotes qualifiées de « Jackasserie ». En effet, on peut parfois regretter que les principaux générateurs de buzz sont des vidéos bêtes ou d’accidents où des personnes se font mal, mais de là a en tirer des propos pareils…

Ce qu’il faut bien comprendre dans la rédaction, c’est que ces gens devraient mourir pour aider aux dons d’organes. Or dans ce cas, je ne comprends même pas comment le brief a pu être compris dans ce sens car il y aune forte opposition entre l’ADN de l’association ADOT (le don volontaire) et le mot « malheureusement ». Le don d’organe ne doit pas être issu d’une fatalité mais d’un choix délibéré.

J’espère que cette campagne fera réagir l’opinion publique et surtout l’ADOT mais aussi l’agence pour qu’ils se rendent compte du poids des images et des mots. Enfin, esperons que les gens auront compris que cette campagne est une regrettable erreur, et que l’intelligence doit primer et que le don d’organes et de tissu peut sauver des vies.

NB: cette interprétation est la mienne, et je suis persuadé que le message souhaité n’était pas celui la, il y en a donc un autre, je vous invite donc à partager votre ressenti/interprétation.

Le mystère Coca VS Pepsi expliqué par le neuromarketing.

Cet article est rédigé en réponse à l’un de mes amis médecin chirurgien qui est convaincu que dans la majeure partie des cas, nos choix de consommation sont faits de manière rationnelle.

La médecine vient de lever le voile sur l’un des plus grand paradoxe de l’histoire des marques. Dans le monde des colas, le monde est divisé en deux depuis un siècle : PEPSI et COCA.

Attention, cet article risque de bousculer vos certitudes. Si nous vous interrogeons sur le critère de choix de votre cola, vous répondrez tous que c’est le gout qui le détermine. Et bien c’est faux, nous sommes tous des menteurs.

Dans les années 70, un test marketing avait été pratiqué pour confronter les deux marques.

Ce test avait consisté en une dégustation à l’aveugle des deux produits. Le résultat fut simple, 75% des gens préfèrent le Pepsi alors que la réalité du marché est l’inverse.

Depuis ce premier test, d’autres challenges ont été menés aux USA, et PEPSI en a d’ailleurs fait un argument de publicité « Le choix des consommateurs ».

Ce type de test est formel, nous consommons donc des produits pour d’autres raisons que le gout.

Le paradoxe identifié, un scientifique Américain a décidé de révéler pourquoi nos actes d’achat en cola sont contradictoires avec nos gouts.

L’expérience a été menée en 2004 avec 67 individus par le docteur Américain Read Montague neurologue et professeur au Baylor College à Houston au Texas.

Il a fait passer le même test à l’aveugle en exposant le groupe de testeur à dans un scanner par résonance magnétique fonctionnelle (Fmri).

Dans la première partie du test, les consommateurs ne connaissent pas la marque du cola qu’ils testent. On constate qu’une partie bien précise du cerveau, le putamen réagit violemment quand les consommateurs boivent, du Pepsi et visiblement moins quand c’est du Coca.

Comme l’indique Patrick Van Bogaert, Neuro pédiatre à l’ULB, hôpital Erasme, le Putamen est situé en profondeur du cerveau. Une petite partie du putamen est importante dans le circuit du plaisir et notamment du bon goût. Le putamen fait partie de notre cerveau primitif, il serait le siège des plaisirs immédiats, instinctifs, le Pepsi active donc plus la zone du plaisir.

Dans la seconde partie du test, on montre aux buveurs la marque du soda qu’ils consomment via un écran. Comme lors des premiers test faits dans les années 70, les testeurs déclarent préférer le goût de Coca Cola.

L’imagerie va démontrer que leur zone du cerveau primitif, le putamen, n’est plus du tout activée par Pepsi (ou dans une moindre mesure par Coca) et c’est une autre zone qui va être activée, la zone du cortex préfrontal et l’hypocampe, c’est à dire la zone de la conscience et de la mémoire (en vert sur la figure).

Ceci démontre la présence et la puissance de la marque Coca Cola, tout le branding qu’il y a autour de Coca (puissance de la marque, cohérence de la communication, habitudes de consommation…). Ces critères qui forment la marque vont venir changer les choix et la préférence des consommateurs.

Quand le consommateur ne sait pas ce qu’il boit il déclare préférer Pepsi et son cerveau reptilien le démontre. Alors que quand le consommateur est au courant de la boisson qu’il déguste, il déclare préférer Coca et son cerveau reptilien, qui décide du bon goût est inhibé par son cortex (la conscience et la mémoire de la marque). Le plus étonnant est que ce résultat reste valable même si dans les deux cas il déguste en fait du Pepsi !

Conclusion, peu importe le goût du soda puisque la préférence lors de cette dégustation dépend non pas du goût mais de la marque qu’on pense goûter!

Il est connu depuis longtemps qu’on goûte avec les yeux mais ici Montague démontre brillamment qu’on goûte aussi avec sa mémoire et avec la conscience de la marque! Ceci explique enfin l’échec de commercialisation d’un nouveau Coca dans les années 80′, au goût meilleurs en aveugle que le Pepsi.

Maintenant pourquoi Pepsi active moins le cortex pré-frontal que Coca, il reste heureusement bien des mystères dans nos neurones, cependant certaines explications scientifiques sont en cours. Ces dernières démontrent que cela serait du à la composition de la boisson.

Ces tests en milieu médical sont extraordinaires car ils permettent de révéler les choix et les incohérence qui peuvent habiter nos actes de consommation ce qui nous permettra dans nos métiers de mieux comprendre et ainsi réduire les incertitudes autour des produits.

Ce test avait été fait au titre de recherche scientifiques mais quelques marques commencent a utiliser le neuromarketing pour le lancement de produit. A titre personnel, je trouve que cela va très loin et qu’en faisant cela, nous risquons de désenchanter tout l’univers des marques que nous essayons de créer car au bout du compte, même si je connais le résultat de cette expérience, je continuerai à boire du coca.

Pour les plus experts d’entre vous, l’article original du Docteur Read Montague est disponible sur NEURON « Neural Correlates of Behavioral Preference for Culturally Familiar Drinks » et téléchargeable en pdf ici.

Et vous, vous préférez Coca ou Pepsi ?

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